GADLU et Dieu

Cet article lance le sujet sur la question Dieu-GADLU. Attention ! le blog est public !

Je prend pour susciter  les réactions d'un de nos frères GLNF. L'article est un peu long, mais riche.

En attente des réactions ...

-----------Texte :

La mystérieuse relation au Bien?

Quel est le sens du mot Dieu dans notre langage à une époque où l’homme se fait lui-même mesure de toutes choses. Voilà une affirmation osée certes mais très ancienne. Déjà Platon se posait cette question dans la bouche de Protagoras.

Que l’homme soit la mesure de toutes choses on peut l’accepter ou le refuser. En revanche le fait qu’il se fasse lui-même mesure de toutes choses est une constatation qui caractérise l’essence des temps moderne. Pourtant les découvertes scientifiques modernes semblent contredire ce fait. En effet depuis les lois des mouvements célestes par Copernic et Galilée l’homme a été expulsé du centre de l’univers. Pic de la Mirandole situait encore au 15ème siècle l’homme au milieu du monde, place qui lui avait été assignée par Dieu. Il écrit dans son traité « de la dignité humaine » : Dieu assigne à l’homme une existence au milieu du monde afin qu’il puisse, par une existence sans limite, se déterminer lui-même et connaitre d’autant plus facilement toutes choses qu’il les embrasse du regard à partir de ce milieu. Il doit avoir la possibilité autant de se dégénérer « in inferiora » que d’être régénérer « in superiora ». 

Cette vision de l’homme au centre est pourtant mise à mal dans la modernité depuis Copernic. L’homme roule du centre vers l’X (vers l’indéterminé), pour reprendre la formule de Nietzsche. Comme la terre n’est plus le centre de l’univers, l’homme ne l’est plus non plus. Une fois sorti du centre l’homme roule vers l’X dans l’indéterminé. Mais comment alors affirmer dans cette situation qu’il se fait mesure de toutes choses, qu’il soit capable de réaliser un plan, qu’il ordonne ses idées autour d’une idée centrale et d’un centre ?

Une seule réponse s’impose : c’est précisément parce qu’il n’est plus le centre du monde que l’homme se fait mesure de toutes choses. L’homme du moyen-âge ne s’est pas promu de lui-même centre du monde. Il s’y trouve placé tout naturellement. En tant qu’image de Dieu, en tant que Temple de Dieu, il savait qu’il était au centre de l’univers en raison d’une vocation divine. Roulant désormais du centre vers l’X l’homme s’est alors mis à acquérir pour son propre compte l’héritage désormais perdu en vue de le posséder. Jusque-là il n’avait été qu’au centre. A présent il se fait centre et met en œuvre une volonté jamais égalée dans ses dimensions et dans sa force.

(Dixit Jean Brun pour les paragraphes ci-dessus)

http://fr.wikipedia.org/wiki/Jean_Brun

http://www.persee.fr/web/revues/home/prescript/article/phlou_0035-3841_1985_num_83_59_6374_t1_0450_0000_2

Mais dans ces conditions Dieu est-il encore nécessaire ? Tous les Temples d’aujourd’hui, qu’ils soient intérieurs ou extérieurs, n’ont-ils de vocation que d’être ériger à la gloire de l’homme (ou même de la nature) ? Si Dieu n’est plus nécessaire qu’est-il encore pour l’homme et pour le monde ?

Au fond Dieu n’est pas « nécessaire », il est « plus que nécessaire » lancera le théologien allemand Eberhard Jüngel dans son remarquable « Dieu, mystère du monde ». Il n’est pas « nécessaire » parce que « non nécessaire » mais parce que « plus que nécessaire »

http://www.editionsducerf.fr/html/fiche/fichelivre.asp?n_liv_cerf=1299

Voir aussi http://www.esprit-et-vie.com/breve.php3?id_breve=645

Notre relation à Dieu n’est donc pas de l’ordre de la nécessité, preuve en est qu’on peut tout à fait se passer de lui et vivre bien, c’est-à-dire humainement, agir dans et pour le monde et donner un sens à son existence et à son action sans lui.

Si la relation à Dieu n’est plus de l’ordre de la nécessite de quel ordre est-elle?

Qu’est-ce donc qui peut être « plus que nécessaire » ?

On s’approche là de la gratuité et du désintérêt, de l’amour comme mystère de ce monde appelé au Bien et non au mal. La nécessité est du domaine de la mondanité et donc de la réciprocité. « Œil pour œil dent pour dent », « fais à autrui le bien que tu voudrais qu’il te fasse », sont des morales de la nécessité et de la réciprocité, mais pardonner, tendre l’autre joue, donner sa vie pour ses amis, aimer ceux qui nous méprisent… relèvent d’une signification qui sort de ce cadre.

Or le souverain Bien de ce monde est « au-delà de l’être » comme le dit Platon dans sa République, mais « c’est en vue du Bien que tout être fait ce qu’il fait ». L’être est intéressé mais il est aussi appelé à se dépasser, à autre chose que lui-même, au Bien qui est au-delà, à la Sainteté, plus que nécessaire. A par-delà la nécessité, La mondanité est mystérieusement régit par ce «plus que nécessaire ». La vie dans le monde peut être morale ou civique, mais elle n’oblige pas à la générosité, au sacrifice de soi ou la sainteté, lesquels pourtant existent dans le monde mais portés par une force d’impulsion autre que la simple réciprocité.

Cet « autrement qu’être» contient aussi des forces critiques de contestation face aux puissances de ce monde qui captent à leur profit les aspirations humaines à plus de justice, à plus de beauté, à plus de vérité, ces ressorts en l’être de l’hommes qui le tendent naturellement vers un dépassement de soi, vers un souci pour autrui plus que pour soi-même, vers une Espérance qui dépasse ce qui sépare les vivant des morts. L’argent, le pouvoir, la violence et la pornographie captent ces aspirations et les enferment dans une mondanité infernale où elles souffrent et se flétrissent de ne pouvoir sortir pour s’évader de l’être auquel elles restent rivées dans un « quant à soi » mortifère.

Cela peut donc être la Charité qui se propose, dans ma démarche maçonnique, de devenir la pierre d’angle, le centre de l’idée, du Temple intérieur que je bâtis, malgré le doute indispensable, malgré le fait que je roule du centre vers l’indéterminé. Par le travail de ma volonté à reconquérir le centre perdu, par les ponts que je cherche à lancer entre la foi et la raison, malgré les attaques intérieures et extérieures des mauvais compagnons qui me harcellent sans cesse, tant que le bon grain et l’ivraie sont entremêlés en moi et dans le monde, de la même manière que la cité de Dieu et celle des hommes décrites par St Augustin sont imbriquées, je continue à bâtir et à rebâtir.

Car il y a bien en moi et dans le monde deux amours cohabitent et édifient deux temples différents. La formulation d’Augustin est radicale mais elle a l’avantage de recentrer sa vision sur l’amour plus que sur la foi.

 

Deux amours ont bâtis deux cités : l’amour de soi jusqu’au mépris de Dieu : la cité terrestre, l’amour de Dieu jusqu’au mépris de soi : la cité céleste.

Mais les lignes de démarcation entre les deux cités ne sont pas tracées selon l’appartenance effective à l’une ou à l’autre des cités visibles, donc extérieurs, mais selon la disposition intérieure du cœur ; on peut bien être un fonctionnaire de la cité de Dieu et en réalité être animé par une volonté de pouvoir, comme on peut bien être un administrateur de la cité terrestre tout en étant mu par un désir de service et de générosité. Le bon grain et l’ivraie sont entremêlés à l’intérieur même les deux cités et en chacun d’entre nous.

L’excès préjudiciable est d’aller jusqu’au mépris de l’autre. L’universalité de notre Franc-maçonnerie est régulièrement mis à mal par des camps qui s’opposent à l’intérieur d’une même maison commune mais aussi de l’extérieur. Des camps qui s’opposent sans véritablement se comprendre tout en restant dans une posture quasi-idéologique qui considère la position de l’autre comme infamante.

 

Mais tout cela est vieux comme le monde.

« Détruisez ce Temple et en trois jours je le rebâtirai », avait dit celui qui est venu révéler aux hommes le pardon. Mais il parlait de sa mort et de sa résurrection, est-ce à dire de son Temple intérieur ?

Avec l’invocation au Grand Architecte à l’ouverture de nos travaux nous voulons donc signifier plusieurs choses :

Nous reconnaissons alors l’existence d’un principe supérieur qui doit guider nos actions, principe supérieur ou transcendant que nous nommons aussi Dieu dans l’ambigüité de sa signification, entre le Dieu des philosophes avec le déisme et le Dieu des religions et des spiritualités, en particulier des religions révélés, avec le théisme. Je prends acte que les deux conceptions peuvent cohabiter dans une même FM.

Le théisme vient explicitement de la tradition biblique et il s’agit d’une relation à un Dieu personnel que l’on peut connaitre et avec qui l’on peut avoir une relation (par la prière par exemple) parce qu’il se révèle aux hommes.

Le déisme est porté quant à lui par la tradition philosophique et métaphysique occidentale, des présocratiques grecs aux philosophes des lumières et est une tentative de décrire un principe ou être supérieur et transcendant. Cette tradition ne dit pas rien de Dieu car elle définit certains de ses attributs comme la gloire (que l’on retrouve dans notre invocation) mais aussi la toute-puissance ou la bonté. Attributs que l’on retrouve dans la Bible.

Théisme et Déisme ne s’opposent pas selon moi mais sont deux approches différentes et riches de sens dans un dialogue possible. Reste à se demander si les traditions orientales plus spirituelles et avec une forte intériorité du divin arrivent à se retrouver dans l’un ou l’autre terme. C’est ce débat qu’il serait intéressant de lancer un jour…

Une autre raison est que cette invocation signifie que nous ne travaillons pas à notre propre gloire. Les travaux du chantier furent commencés avant nous et serons achevés après nous. L’édification que nous cherchons à réaliser nous dépasse. Seul un « Dieu » peut en avoir une vue d’ensemble transcendant l’espace et le temps de l’universalité de la FM.

Une autre raison encore est de rappeler que nous suivons, en particulier au REAA, un chemin de spiritualisation plus que de politisation. Nous pensons que c’est d’abord en faisant grandir l’homme, la personne ou l’individu, en l’amenant à se transformer par le travail, les symboles et les outils, que nous pourrons améliorer le monde et la société, et pas le contraire.

L’invocation au GADl’U ouvre aussi d’un point de vue plus mystique ou alchimique, la relation des tous les FF avec l’orient et avec l’orient éternel, avec un au-delà du monde, de sacré ou de saint, et cela n’est pas sans poser de questions par rapport à la mentalité moderne qui a chassé Dieu ou la transcendance de ses références et de ses préoccupations. Précisons ici que la FM régulière ne peut et ne veut se considérer comme une religion ou comme étant exclusivement reliée ou soumise à une religion, église ou culte particulier et que dans son universalisme elle accueille tous les hommes vertueux, libres et de bonnes mœurs qui acceptent de travailler à la GDGADlU.

Reste aussi que nous voulons aussi la liberté comme souverain Bien. Liberté de penser, de croire et de dire ce que nous voulons. Liberté de dire que Dieu est ceci ou cela ou ne rien dire. Ne rien penser, croire ou dire est bien une possibilité de notre liberté. Liberté de refuser dogmes, tutelles et traditions. Mais le refus de doctrine peut-il s’ériger en doctrine à son tour, avec ses censeurs, telle est la question ? Tel est le danger d’un déisme dogmatique qui imposerait qu’il ne faut rien imposer… et qu’il ne faut surtout pas parler de tout cela.
Pour ma part bien entendu je n'attends pas du domaine maçonnique une bénédiction, une adhésion ou une option par rapport à un concile particulier ou à une structure ecclésiastique particulière, mais juste la possibilité, au sein de la FM, d'un véritable respect réciproque et d'une participation de chacun à un dialogue constructif, de vues de convergences pratiques du simple point de vue éthique. Les dimensions doctrinales, ecclésiales, liturgiques et hiérarchiques sont nécessaires à chacun dans son propre système conceptuel, mais la question est de savoir si ces différents systèmes, avec l'initiation maçonnique, nous conduisent vers une même finalité concernant le sens d'un "agir" au sein du monde. Ce ne sont certainement pas les questions théologiques qui nous sauveront, tous autant que nous sommes, du chaos. La vérité est là, devant nous, elle crie de détresse et attend notre secours car elle nous a investis d’une mission. Telle est, avec la possibilité de mon appartenance, comme catholique (Vatican II inclus) à la FM, l’essentiel de ma préoccupation : notre propre responsabilité face au mal ! Ou du moins la possibilité de la combattre.

Commentaires

contrib

je n'imaginais pas il y a 28 ans en retrant à la GLNF que Dieu deviendrait si problématique pour nombre de frères. L'excès inverse, mettre Dieu à toutes les sauces, est tout autant -si ce n'est plus- problematique. Dieu est le grand absent et c'est très bien. Que n'a t'on fait au en son nom comme atrocités! On sait désormais qui est responsable et on ne peut plus s'en remettre à la providence, quoique parfois cela est plus fort que nous. Le Dieu auquel je crois, celui qui m'est venu à l'idée, aussi parceque j'ai baigné dans la religion chrétienne, est un Dieu que fait de moi un être responsable et pas qui m'infantilise. Le Dieu des religions du Livre. Grâce aussi à l'évolution culturelle, aux philosophes, aux Lumières, aux grandes découvertes scientifiques et aux critiques, les croyants doivent être à la fois plus humble mais aussi plus rigoreux dans ce qu'ils disent de Lui. Avec les XXème siecle et les catastrophes d'Auschwitz et Hiroshima on ne peut plus non plus penser et dire Dieu de la même manière face au mal et maintenir l'image d'un Père tout-puissant. Dieu est amour et l'amour est don, joie mais aussi souffrance pour l'aimé. Dans la FM j'opère une herméneutique christique de la légende d'Hiram. Sa présence perdure sous une forme de corps collectif. Son absence force les hommes à s'organiser entre eux de manière responsable de la contonuation du projet ...

 

Notre tradition ou nos

Notre tradition ou nos traditions, nos origines sont apparemment multiples, diverses et variées. Elles sont aussi historiques et légendaires. Pour n’en citer que quelque unes, il y a :

  • L’époque des Lumières, ce 18ème siècle français, anglais, allemand qui a vu naître notre organisation
  • Les corporations anciennes de maçons opératifs, les bâtisseurs de cathédrale
  • L’idée de chevalerie et les grands ordres chevaleresques
  • La pensée biblique, juive et chrétienne, les religions du Livre et de la révélation
  • Les couvrants ésotériques, la gnose, la kabbale, le soufisme
  • La pensée philosophique grecque et néo-platonicienne
  • L’Egypte et ses mystères

Etc. etc., nombreuses sont les traditions spirituelles et les courants de pensée qui nous intéressent car nous voulons rassembler ce qui est épars.

Pour ma part ma tentative consistera, mais pas seulement, à comprendre nos symboles et notre démarche comme profondément philosophique. J’entends par philosophique, dans  sens premier, non pas une connaissance pure, mais un «amour » de la connaissance et de la vérité ou plutôt de la « sagesse ».

Amour qui comporte toujours un engagement, des choix d’ordre éthique, une manière de se rendre digne de la vérité. Autrement dit c’est une recherche du Bien qui est, comme le dit Platon dans la République, toujours au-delà de l’être ; mais que c’est en vue du Bien que toute âme fait ce qu’elle fait.

Plus près de nous, nous pourrions aussi faire notre cette si belle pensée d’Emmanuel Kant quand il écrit dans sa critique de la raison pratique : « deux choses remplissent le cœur d’une admiration et d’une vénération toujours nouvelle et toujours croissante à mesure que la réflexion s’y attache et s’y applique : le ciel étoilé au dessus de moi et la loi morale en moi ».

Arrêtons-nous sur ce ciel étoilé. Le plafond de notre Temple est en forme de voute et celle-ci est constellée ; elle représente le ciel, la nuit, avec une multitude d’étoiles visibles. La voute du Temple est azurée et étoilée comme celle des cieux, parce que, comme elle, elle abrite tous les hommes, sans distinctions de rang ni de couleur.

Cette ouverture à l’universel est à mettre en vis-à-vis du pavé mosaïque, composé de carrés noirs et blancs et qui symboliquement recouvrent toute la surface de la terre. On peut aussi penser à l’association de l’équerre et du compas qui correspondent, dans cette analogie que je fais, à la terre et au ciel et à notre situation en station entre l’un et l’autre ou en chemin de l’un vers l’autre.

Le ciel et la terre sont ces espaces entre lesquels  vivent tous les hommes.

Qu’est-ce que cela signifie pour notre Loge qui pourtant semble limitée à un espace clos alors que d’après ces symboles elle est sans limites? Rappelons nous ce que nous disons de ses dimensions : de l’orient à l’occident, du septentrion au midi ; cela signifie, nous dit notre catéchisme maçonnique, que la FM est universelle. Ne pouvons nous alors pas dire que nous limitons l’espace pour mieux observer, mieux comprendre, ce qui en soi n’a pas de limites, et qui es l’infini de l’univers. Du monde clos à l’univers infini, pour reprendre le titre du célèbre ouvrage d’Alexandre Koyré.

Nous parlons aussi de la verticalité dans ses dimensions, du nadir au zénith. Si le fil à plomb présent au centre de notre loge nous plonge vers le centre de la terre, nous ainsi rappelant l’épreuve du cabinet de réflexion et l’invitation de la formule alchimique à visiter le centre de la terre, la voute étoilée nous projette vers une ouverture de soi à l’infini, autrement dit vers autre chose que la matière élémentaire. Il y a lieu de penser à un élargissement de notre conscience et peut-être aussi à une remise en question de notre intérêt propre.

Bien fraternellement

@ tous,

@ tous,

Un peu d'histoire et qui concerne les catholiques membre de la FM...

Les relations entre l’Eglise catholique et la Franc-maçonnerie ont toujours été tendues et tourmentées, pratiquement depuis le début de la Franc-maçonnerie spéculative, et plus particulièrement à partir de 1738, date à laquelle les Francs-maçons furent frappés d’excommunication.

Jugés par le uns comme justifiées, pas d’autres comme inappropriées, les condamnations émises par Rome n’ont laissé personne indifférent.

De franchement antagonistes, puis tumultueuses, les relations entre ces « deux forces morales» se sont peu à peu dédramatisées, puis apaisées. Des efforts de meilleure connaissance réciproque ont été déployés de part et d’autres, notamment de la part de personnalités catholiques éminentes, au premier rang desquelles il convient de citer le Révérend Père Michel Riquet pour le rôle majeur de conciliation qu’il s’est toujours efforcé de jouer pour parvenir, au-delà d’une meilleure compréhension mutuelle, à un certain rapprochement.

Aujourd’hui les Frères catholiques ne se sentent plus en faute à l’égard de Rome d’appartenir à la Franc-maçonnerie régulière, de Tradition.

Des interrogations, des ambiguïtés et des zones de flou demeurent, même si la Franc-maçonnerie ne fait plus l’objet d’une condamnation explicite.

Lorsqu’elle crée en 1717 la première Grande Loge, la Franc-maçonnerie non opérative, si elle se rend héritière de l’esprit religieux de sa devancière, n’en est pas moins pétrie de l’esprit de les Lumières qui, en Angleterre, atteint à cette période son apogée (elle l’atteindra plus tard sur le continent, mais avec des évolutions et déviations notables par rapport à la ligne de «l’Enlightenment » anglais).

Sans renoncer à quoi que soit de la spiritualité de la Maçonnerie opérative, la nouvelle société spéculative, se servira de la symbolique, de l’esprit et des pratiques de l’ancienne Maçonnerie, dans son généreux dessein de projeter la fraternité humaine à l’échelle du monde entier, pour en faire un centre d’union, un lien fédérateur entre tous les hommes « de bonne renommée, de bonnes mœurs et d’honnête conversation », comme cela figurait autrefois dans les statuts des confréries continentales et anglaises.

Les premières condamnations de la Franc-maçonnerie non-opérative émanèrent, non pas de l’Eglise catholique et romaine, comme le pense parfois, mais de gouvernements civils. Elles se produisirent très tôt dans son histoire.

La Franc-maçonnerie fit l’objet d’attaques, quelquefois violentes, en Angleterre même.

 

Revenons à une formule

Revenons à une formule maçonnique "le GADLU qui est Dieu" ... il est à noter ue dans les textes originaux le "qui est Dieu" n'existe pas.

Mais examinons :

Pour affirmer "qui est Dieu" ou repondre à la question "croyez vous en Dieu ?" il est impératif que l'on ait une définition commune, convenue de ce qu' "est Dieu" ? Et là ca se complique ... Votre avis ?

bonne question cher ami; le

bonne question cher ami; le deisme par exemple ne dit pas beaucoup plus de choses sur dieu or le simple fait "qu'il est" mais il ne dit pas "qui il est". Par contre c'est le propre du theisme, que la ou les révélations - et religions révélés- disent "qui est dieu". La totale neutralité est impossible, même dépouillé des fioritures et anthropomorphismes il reste toujours un minimun d'attibuts au dieu deiste; en l'occurence on retrouve plutot les attributs de la puissance organisationnelle (gloire, toute-puissance ...). Pourquoi celui là plutot par exemple que l'amour ou la bonté? C'est ce qui étrange. Est ce projection du phantasme humain de "toute-puissance"? Dans les religions du Livre, qu'on est bien en droit de constester il ressort pourtant que ce que l'on dit de dieu ne nous rapproche pas tant d'une suprematie, même si suprematie il ya, que d'une volonté de conduire les hommes vers plus de justice et plus de bonté dans le monde et entre eux.le dieu biblique est dieu ethique; dans le christianisme il se dépouille même de sa divinité pour que l'homme grandisse et advienne à un état de maturité et de corresposabilité avec lui. La fm contient je pense les deux approches. dieu tout puissant gadlu mais dieu disparu et que n'intervient plus dans le monde laissant les hommes s'organiser; hiram figure christique doit renaitre en chacun d'entre nous. 

Merci de ton explication.

Merci de ton explication.

J'y constate que l' "idée de Dieu" serait donc une construction HUMAINE fort utilitaire pour des raisons utilitaires( gérer la société et les rapports humains ) ou intellectuelles (tenter de donner une explication à des phénomenes naturels(foudre, vent, pluie) ou sociologiques(bonté, méchanceté, colère).

Comme on le constate "dieu" change et s'adapte au but à atteindre. Y a-t-il une volonté autre que celle d'hommes derriere ces religions ?

Car si je reviens à ton propos du début. le theisme aboutit à une multiplicité selon les conceptions religieuses et le temps. Alors le "qui est Dieu" devient incohérent avec le U du GADLU. sinon GADLU serait qui ? El des cananéens, YHWH dieu privé des israelites, Baal, JC, Allhah, Brahma, Viracocha ? Si on veut limiter la FM au christianisme (non unitarien) ce serait JC(qui est Dieu lui aussi). La FM ne serait donc plus lemoins du monde universelle.

Au XVIIe siècle et au début

Au XVIIe siècle et au début du XVIIIe siècle, les premiers francs-maçons étaient tous soit catholiques, soit protestants. Les plus anciens manuscrits maçonniques connus, n'utilisent cependant jamais l'expression « Grand Architecte de l'Univers ». C'est le cas par exemple du manuscrit Dumfries (c. 1710), bien qu'il fasse référence à de nombreuses reprises à « notre Seigneur Jésus-Christ » et mentionne que l'apprenti franc-maçon « doit être fidèle à Dieu et à la sainte Église catholique».

C'est semble-t-il en 1723 dans les Constitutions of the free-masons, dites Constitutions d'Anderson, que paraissent pour la première fois ces termes dans le contexte maçonnique, leur auteur, le pasteur James Anderson, les ayant probablement trouvés dans l'œuvre de Jean Calvin.

On lit plus tard, dans la divulgation Three Distinct Knocks publiée à Dublin et à Londres en avril 1760, une expression proche de celle de « Grand Architecte de l'Univers ». Il s'agit d'une prière à « notre Seigneur Jésus-Christ » qui commence en ces termes :

« Ô Seigneur Dieu, Grand et Universel Maçon du monde, et Premier Constructeur de l'homme comme s'il était un temple [...] »

Dans la seconde moitié du XVIIIe siècle et dans la première moitié du XIXe siècle, la franc-maçonnerie s'ouvre à d'autres religions révélées et même, dans certains pays, à d'autres conceptions du divin. L'expression « Grand Architecte de l'Univers » remplace alors de plus en plus souvent le mot « Dieu ». En effet, plus générale, elle convient aux déistes aussi bien qu'aux théistes.

Dans un contexte plus libéral, la franc-maçonnerie française se développe, bien qu’elle soit divisée en deux obédiences (le Grand Orient de France et le Rite écossais3) traversées par trois courants informels (conservateurs souhaitant rassembler des membres de toutes les religions établies, déistes rousseauistes et républicains positivistes). À l’initiative des courants réformateurs, de nombreuses loges appuient l’idée d’un enseignement laïque, gratuit et obligatoire, ce qui, joint à la présence de nombreux francs-maçons,  aggrave les tensions avec l’Église catholique romaine.

Les condamnations catholiques contre la franc-maçonnerie se renforcent et, du côté de la franc-maçonnerie, les républicains devenus très majoritaires se radicalisent dans leur anticléricalisme.

Dans ce contexte d'opposition virulente entre le parti catholique et le parti libéral, le rationalisme et le déisme gagnent alors du terrain au sein de la franc-maçonnerie, aboutissant  à la suppression de l'invocation au Grand Architecte de l'Univers de tous les rituels et documents du Grand Orient d’abord de Belgique puis de France.

Le 6 septembre 1875 s'ouvrit à Lausanne un « Convent universel » réunissant les représentants de onze « Suprêmes Conseils » du Rite écossais ancien et accepté. Parmi les travaux à l'ordre du jour figurait la rédaction d'une « déclaration de principes » qui fut par la suite à l'origine de nombreuses controverses, et qui commençait par ces mots :

« La Franc-maçonnerie proclame, comme elle a toujours proclamé, l'existence d'un Principe Créateur, sous le nom de Grand Architecte de l'Univers. »

Cette formulation conservait la formule traditionnelle « Grand Architecte de l'Univers » sans plus la rattacher obligatoirement à une foi en un Dieu personnel et transcendant. Elle ouvrait ainsi très clairement les portes de la franc-maçonnerie aux déistes, ce qui correspondait aux évolutions survenues dans les franc-maçonneries belge, française et italienne.

Bien que les documents du Convent de Lausanne aient été paraphés par les délégués de six Suprêmes Conseils qui, par trois délégations de pouvoir, en représentaient neuf, ces accords furent rompus dans les mois qui suivirent, en partie pour des motifs relatifs à des conflits territoriaux entre les signataires, mais en partie aussi parce que les Écossais, les Anglais et les Américains refusaient catégoriquement une telle évolution.

Si Au Go de France en 1849 la phrase ouvrant ses constitutions disait encore :

« La Franc-Maçonnerie, institution essentiellement philanthropique, philosophique et progressive, a pour base l'existence de Dieu et l'immortalité de l'âme. »

A partir de 1877 elle devient :

« La Franc-Maçonnerie, institution essentiellement philanthropique, philosophique et progressive, a pour objet la recherche de la vérité, l'étude de la morale universelle, des sciences et des arts et l'exercice de la bienfaisance. Elle a pour principes la liberté absolue de conscience et la solidarité humaine. Elle n'exclut personne pour ses croyances. Elle a pour devise : Liberté, Égalité, Fraternité. »

Après les décisions prises par le Grand Orient de Belgique, le Grand Orient de France, le Grand Orient d'Italie et la Grande Loge de Hongrie, la Grande Loge unie d'Angleterre adopta au mois de mars 1878 la résolution suivante :

« La Grande Loge unie d'Angleterre, toujours désireuse de recevoir dans l'esprit le plus fraternel les Frères appartenant à toute Grande Loge étrangère dont les travaux sont effectués selon les anciens landmarks de l'Ordre, dont le premier et le plus important est la croyance au Grand Architecte de l'Univers, ne peut reconnaître comme « vrais et véritables » Frères ceux qui auront été initiés dans des Loges qui nient ou ignorent cette croyance. »

En 1929, elle publia ses huit Principes de base pour la reconnaissance par elle d'une grande loge étrangère. Le deuxième principe précise :

« Que la croyance dans le Grand Architecte de L'Univers et en Sa volonté révélée soit une condition essentielle de l'admission des membres. »

En 1989, elle publia une nouvelle version de ces mêmes principes :

« Pour être reconnue par la Grande Loge unie d'Angleterre, une Grande Loge doit respecter les normes suivantes :
[...]
- Les Francs-Maçons placés sous sa juridiction doivent croire en un Être suprême.
[...]
Concernant les Grandes Loges irrégulières ou non reconnues :
« Il existe quelques obédiences maçonniques qui ne respectent pas ces normes, par exemple qui n'exigent pas de leur membres la croyance en un Être Suprême, ou qui encouragent leurs membres à participer en tant que tels aux affaires politiques.
Ces obédiences ne sont pas reconnues par la Grande Loge Unie d'Angleterre comme étant maçonniquement régulières, et tout contact maçonnique avec elles est interdit. »

Mais l’abandon de l'exigence d'une croyance en la « volonté révélée » du Grand Architecte de l'Univers par la GLUA –bien que ce texte de 1989 n’est jamais été adoptée officiellement par un convent mais qu’il émane uniquement du bureau dirigeant de cette obédience- il est désormais passée dans les faits, et des Grandes Loges reconnus et régulières  acceptent des déistes parmi leurs membres.

Aims and relationship 1939

A ne pas oublier ...

This Statement, approved by Grand Lodge on 4th August 1949, is required to be read aloud at the Annual Installation Meeting of every Lodge holding of the Grand Lodge of Scotland.

In August 1938 the Grand Lodges of England, Ireland and Scotland each agreed upon and issued a statement identical in terms except that the name of the issuing Grand Lodge appeared throughout. This statement, which was entitled "Aims and Relationships of the Craft", was in the following terms:-

  1. From time to time the Grand Lodge of Scotland has deemed it desirable to set forth in precise form the aims of Freemasonry as consistently practised under its jurisdiction since it came into being as an organised body in 1736, and also to define the principles governing its relations with those other Grand Lodges with which it is in fraternal accord.
  2. In view of representations which have been received, and of statements recently issued which have distorted or obscured the true objects of Freemasonry, it is once again considered necessary to emphasise certain fundamental principles of the Order.
  3. The first condition of admission into, and membership of, the Order is a belief in the Supreme Being. This is essential and admits of no compromise.
  4. The Bible, referred to by Freemasons as the Volume of the Sacred Law, is always open in the Lodges. Every candidate is required to take his obligation on that Book, or on the Volume which is held by his particular Creed to impart sanctity to an oath or promise taken upon it.
  5. Everyone who enters Freemasonry is, at the outset, strictly forbidden to countenance any act which may have a tendency to subvert the peace and good order of society, he must pay due obedience to the law of any state in which he resides or which may afford him protection, and he must never be remiss in the allegiance due to the Sovereign of his native land.
  6. While Scottish Freemasonry inculcates in each of its members the duties of loyalty and citizenship, it reserves to the individual the right to hold his own opinion with regard to public affairs. But neither in any Lodge nor at any time in his capacity as a Freemason is he permitted to discuss or to advance his views on theological or political questions.
  7. The Grand Lodge has always consistently refused to express any opinion on questions of foreign or domestic state policy either at home or abroad, and it will not allow its name to be associated with an action however humanitarian it may appear to be, which infringes its unalterable policy of standing aloof from every question affecting the relations between one Government and another, or between political parties, or questions as to rival theories of Government.
  8. The Grand Lodge is aware that there do exist bodies styling themselves Freemasons, which do not adhere to these principles, and while that attitude exists the Grand Lodge of Scotland refuses absolutely to have any relations with such bodies or to regard them as Freemasons.
  9. The Grand Lodge of Scotland is a sovereign and independent body practising Freemasonry only within the three Degrees and only within the limits defined in its Constitution. It does not recognise or admit the existence of any superior Masonic authority however styled.
  10. On more than one occasion the Grand Lodge has refused, and it will continue to refuse, to participate in conferences with so-called International Associations claiming to represent Freemasonry, which admit to membership bodies failing to conform strictly to the principles upon which the Grand Lodge of Scotland is founded. The Grand Lodge does not admit any such claim, nor can its views be represented by any such Association.
  11. There is no secret with regard to any of the basic principles of Freemasonry, some of which have been stated above. The Grand Lodge will always consider the recognition of those Grand Lodges which profess and practise and can show that they have consistently professed and practised, those established and unaltered principles, but in no circumstances will it enter into discussion with a view to any new or varied interpretation of them. They must be accepted and practised wholeheartedly and in their entirety by those who desire to be recognised as Freemasons by the Grand Lodge of Scotland.

grand architecte

voila un travail historique donc chronologique et precis de ce qu'il faut entendre par Grand Architecte: Celui qui a planifie et fait executer l'univers. La GLNF lui donne un sens theiste, UGLE s'en tient a ce qui est dit dans votre travail, peu importe, ne rouvrons pas de querelle byzantine. 

 

 

 

 

 

Poemique ?

Non le sujet n'est querelleur que pour ceux qui sont "nerveux" sur cette question. Pourtant elle ne devrait rien avoir de tabou ! Elle est au contraire tres enrichissante si on l'aborde sans crainte de voir des certitudes dogmatiques bousculées.

... oui ... et sans crainte

... oui ... et sans crainte de pouvoir dire "je crois ou je ne crois pas" ou dire "ce que en quoi -ou en qui- je crois - ou je ne crois pas" sans que cela soit qualifié de "certitudes dogmatiques" et sans que cela soit entendu comme du proselytisme ou du rejet de croyants considérés comme demeurés ou serviles. Je ne demande qu'à être bousculé - ou touché - par les mots d'experiences -spirituelles, humaines-  d'autrui, radicalement autres ou pas que les miens et forcément autre que la mienne experience. Se frotter sans s'affonter. Discours et experiences articulés de chacun devraient pouvoir être audibles lisibles s'ils sont sincères et respectueux, surtout dans une société d'hommes libres se disant frères et hommes de bonne volonté. 

Concernant l'evolution

Concernant l'evolution anglaise :

La proposition de Basic Principles de 1989 n'a pas été adoptée. On ne peut donc la mettre au même niveau que l'officielle de 1929  qui fait référence et est OPPOSABLE à tout candidat à reconnaissance.

Rappellons que la proposition de 1989 abandonnait aussi le sexisme. Sur ce point, il est à rappeller que dans le rapport "Freemasonery for the future" (qui sera la base des discussions constitutionnelles de 2017) le Grand Secretaire de la GLUA (et non pas un avis des consultants en charge de l'etude) annonce que d'ores et déjà la GLUA se garde bien d'interdire toute visite aux loges feminines.

En tout cas, bravo à tous pour ces contributions étoffées.

L'idée de Dieu n'est peut

L'idée de Dieu n'est peut-être pas une construction humain, mais l'on construit à partir d'elle. Elle nait en nous, comme Hiram renait en nous. "Dieu vient à l'idée" pour paraphraser Emmanuel Levinas. Mais chacun d'entre nous sommes différents les uns des autres et divisé aussi à l'interieur même de nous, car cette idée est avant un tout un appel qui suscite une réponse. C'est à travers les grands récits et les révélations, tout autant qu'à travers l'experience humaine et la contemplation de la nature que nous vient l'idée de Dieu. Les différentes productions et représentations humaines de la divinté ne sont pas forcement contraire à l'universalié de son idée.  Avec l'apport de la philisophie elle nous tend vers le Bien, au-delà de l'être.

je veux bien hirama ... mais

je veux bien hirama ... mais là encore tu ne fais que decaler la question car cette idée d'un dieu en nous n'est avancée que par des humains, selon leur idée. Il ne s'agit là aussi que d'une construction intellectuelle "humaine".

Oui, l'"idée de Dieu" telle que tu la decris provient de refleions, conceptualisations humaines.

Existe-t-il une manifestation divine indépendante d'une idée humaine.

La pluie, le vent sont des manifestations objectives auxquelles dont l'homme n'est pas à l'origine ... mais Dieu ?

Je me suis donc mal fait

Je me suis donc mal fait comprendre: c'est Dieu lui même qui "vient" à l'idée de l'homme, il se révèle à lui à cet endroit et ce de bien des manières...

L'homme n'a d'idées que sa pensée n'est cabalble de produire qu'à la rencontre ou au choc d'une "exteriorité", il n'est pas un être reclu sur lui même. Les pensées qui naissent en lui et que son esprit produit sont d'une certaine manière "transitives" et "conditionnées", "fécondées" ou "allumées" par son ses relations sensorielles, ses relations à d'autres et au monde qui l'entourre, son langage, son vécu,son expérience etc. comme être de médiation.

L'idée ou la pensée humaine n'est pas le seul lieu "d'habitation" de Dieu. Il faudrait reprendre là le thème hébreux de "shekinah" pour dire ce à quoi je fais référence.

precisions

"c'est Dieu lui même qui "vient" à l'idée de l'homme"  j'avais bien compris ... mais cette affirmation est humaine, non ? comme l'idée que la pluie provient des nuages, eux mêmme resultat de la condensation de la vapeur d'eau evaporée par la chaleur.

Pour qu'une idée soit divine ... il faudrait qu'elle proviene indiscutablement d'une source totalement exteriere et independantede l'homme ... telle etait l'idée des "tables de la loi" ... mais dont le recit provient d'hommes.

La notion de shekinah qui m'est chere est elle aussi une conception(fort elaborée) humaine. Je crains que dans l'appoche religieuse classique on se trouve dans cette boucle que tu nous montre. Il faut donc trouver une sortie (autre qu'une teête dans le sable de croyance religieuse) .Ne serait-ce pas ce que nous offre la FM au travers du symbolisme ?

Dieu est le lieu du Monde

Je reviendrai  une autre fois sur ce que nous offre la FM à travers le symbolisme par rapport à la question de l'idée de Dieu, car il est vrai que "les symboles donnent à penser".

Par rapport à la Shekinah ou par rapport à la question que tu posais "existe-t-il une manifestation divine indépendante d'une idée humaine?" je renverserai les termes en me demandant s'il existe une pensée, une parole ou une action humaine qui soit indépendante ou séparée de Dieu? Non pas que je veuille nier la liberté et l'ingéniosité humaine, bien au contraire, mais je crois que pensée, parole et action humaines ont en fait des répercussions sur Dieu lui-même.

Je resumerai cela en disant qu'au fond Dieu est le lieu du monde.

Pour illustrer voici ci-dessous le "résumé" de l'opuscule du philosophe Hans Jonas qui s'intitulle "le concept de Dieu après Auschwitz" où l l'auteur -qui est juif- imagine un mythe cosmogonique qui vise à élaborer "théologiquement" le concept de la responsabilité humaine dans le cours des choses comme un principe et comme la condition même de succès de toute la création; Dieu s'en remet ici entièrement à l'homme:

Au commencement, par un choix ignoré, l’Essence divine de l’Etre décida de se livrer au hasard, au risque et à la diversité infinie du devenir. De se livrer entièrement. Ainsi engagée dans l’aventure de l’espace et du temps, la Divinité ne voulue rien retenir de soi. Il ne subsistait donc plus d’elle aucune partie préservée, immunisée, aucune partie qui puisse guider, corriger et finalement garantir depuis son détour dans l’au-delà, le parachèvement de son destin dans la création.

De cette immanence sans condition naquit l’esprit moderne.

C’est son courage ou son désespoir, en tous les cas son amère honnêteté qui lui fit prendre notre Etre-Au-Monde au sérieux : voir le monde laissé à lui-même.

Plus encore, pour que le Monde soit et qu’il ne soit que pour lui-même, Dieu a renoncé à son Etre propre. Il s’est dépouillé de sa Divinité afin de la recevoir en retour de l’Odyssée du Temps chargée de l’imprévisible expérience temporelle du hasard.

Et puis le premier émoi de la vie, un nouveau langage du monde.

C’est le hasard du monde qu’attendait la divinité en devenir, l’éternité trouve une force, elle s’emplit, contenu après contenu, d’un acquiescement à soi, et pour la première fois le Dieu qui s’éveille peut dire que la création est bonne.

Mais n’oublions pas qu’avec la vie vint la mort, et que cette mortalité représente le prix qu’eut à payer, pour surgir, la nouvelle possibilité de l’Etre.

Si la durée sans fin était le but de la vie, la vie n’aurait pu commencer, car la vie ne saurait se mesurer avec la stabilité des corps inorganiques.

Mais c’est justement à travers un agir et un souffrir propres à des individus finis, devant à cette pression de la finitude toute l’urgence et donc toute la fraîcheur de leurs émotions que le divin paysage déploie son jeu de couleurs, et que la divinité accède à l’expérience d’elle-même.

Toute la récolte de son devenir laborieux, tourmenté, qu’il soit clair ou obscur gonfle le trésor transcendant d’une éternité temporellement vécue.

La Divinité s’édifie ainsi à neuf et rend l’évolution disponible.

Et puis Dieu se met à trembler, par ce que le choc de l’évolution, porté par sa propre force d’impulsion, franchit le seuil où cesse l’innocence et qu’a l’engagement divin s’impose alors un critère de succès ou d’échec complètement nouveau. L’innocence cède la place aux tâches de la responsabilité qui sépare le bien et le mal.

Renonçant à sa propre invulnérabilité, le fondement éternel a permis au monde d’être.

Toute créature doit son existence à ce renoncement et a reçu avec cette existence ce qu’il y avait à recevoir de l’au-delà.

Dieu, après s’être entièrement donné dans le monde en devenir, n’a plus rien à offrir : c’est maintenant à l’homme de lui donner.

Et l’homme peut le faire en veillant à ce que, dans les cheminements de sa vie, n’arrive pas, ou n’arrive pas trop souvent, et pas à cause de lui que Dieu puisse regretter d’avoir laissé devenir le monde.

Ce texte peut aussi grandement eclairer Illa Waya par rapport aux notions de création et d'évolution.

Dieu ou homme ?

Brievement :

"Par rapport à la Shekinah ou par rapport à la question que tu posais "existe-t-il une manifestation divine indépendante d'une idée humaine?" je renverserai les termes en me demandant s'il existe une pensée, une parole ou une action humaine qui soit indépendante ou séparée de Dieu?" disais-tu ...

Autant l'existence de l'homme et de sa pensée est indiscutable autant l'existence d'autre chose qu'on appellerait Dieu est contestée ... et contestable.

"Je pense, donc Je suis" ...

C'est plus que cela, plus ou

C'est plus que cela, plus ou avant même que le "je pense donc je suis". Je suis par ce que je pense, je pense parceque des chose me préscèdent et préscedent ma pensée. En quelque sorte penser c'est répondre; je réponds de ma vie sans en avoir vraiment eu le choix, sans en être à l'origine. Quelque chose vient d'abord à moi pour éveiller ma pensée, ma conscience, me sortir de mon contentement d'être, de ma solitude ou de ma satisfaction. Le "je pense" qui me donne la primauté ou la première place est un oubli de tout ce qui m'a amené à penser, c'est une distraction - parfois une jouissance- face à la rudesse philosophique qui ne donne pas de réponse, pas de direction, pas d'échappatoire. Quand je saisi les choses plus rien ne me dit "vient voire par ici ou par là", "retournes toi", "regardes", "écoutes". Elle est là la boucle dont on ne sort pas. Quand Paul Ricoeur dit "les symboles donnent à penser" il ne dit pas "je pense les symboles",  "je saisis ou je comprends les symboles" ou même "je pense donc je suis". Ce sont les symboles qui me font penser, et donc qui me font être et si je suis Descartes. Ce n'est pas je pense, mais j'y pense donc je suis. C'est n'est pas ma pensée qui crée l'exteriorité que je rencontre et qui me fait penser. Répondre, c'est cela qui me fait être, qui me suggère, qui me fait sujet, et pas le contraire. Je ne me fais pas exister de moi-même parceque je suis capable de penser mais parce que quelque chose d'autre que moi me fait penser, m'interpelle, me choque, me stupéfait, m'intrigue, aiguise ma curiosité, m'étonne. Ce n'est pas pour rien que les anciens concevaient l'étonnement devant ce qui est comme le point de dépert de la philosophie. La noblesse de la pensée c'est la noblesse de l'attention de l'homme à ce qui l'entourre et qui le surprend. L'existence de l'homme et de sa pensée est justement tout a fait discutable car elle a besoin d'autre chose qu'elle même. Elle le se suffit jamais à elle même. L'homme capable d'une pensée de l'infini répond à quelque chose d'infini qui le saisit. Il y aurait donc dans ce cas de l'infini qui m'interpelle et qui prescède ma pensée de l'infini, comme il y a de l'inconnu qui donne tout son sens à ma quête de connaissance.

hierarchie dans le déroulé des affirmations

En fait, là où nous divergeons est dans la priorisation de l'affirmation.

"Je pense donc je suis" Cogito ergo sum est un postulat difficilement contestable. (anti-paradoxe au sens gnostique) ... si on conteste "la pensée", le discours s'arrête là.

Par contre, l'idée d'une entité indépendante qui permettrait la pensée, est spéculatif ... et issu de la pensée, justement.

S'interroger sur l'origine de cette possibilité de "penser" proviendrait d'autre chose est fort intressant.

On trouve d'ailleurs dans les  livres sacrés, avant qu'ils subissent l'abrutissement des paratiques religieuses cet aspect essentiel :

- YHWH se present comme "je suis celui qui suis" ... c'est sa seule description : pure essence. Alors bien sûr cette idée st rapportée par un homme(MoÎse si on en croit le texte).

- Les soufistes developpent aussi le concept de "no-existence" potentiel de toute existence au dessus d'un dieu manifesté(Alhah, El, YHWH)

- idem prologue "dans le principe ETAIT".

- idem melkiTzedek (Hebreux 5)

---------------------------

en un sens l'athée (pas l'athée stupide que decrit Anderson) ne serait-il pas plus près de l'essence divine suprême, divine que le croyant au serpent à plumes ?

oui et discutable n'est pas

oui et discutable n'est pas contestable

ce qui est contestable c'est son absolu indépendance à son exteriorité, et pourtant oui il y a la liberté, il y a un principe d'individuation

oui aussi concernant l'athé qui assume avec courage l'absence de cette forme de consolation qu'est aussi la religion: pas bien entendu la religion enchantée et magique qui subjugue et se trouve en quelque sorte plus opposée encore que l'atheisme à la foi capable de s'interoger, mais la religion qui, tout à la fois fait grandir en l'homme le sens de la responsabilité et l'amour du prochain, mais aussi se fonde sur l'esperance du triomphe de la vie sur la mort

L'Homme se sent redevable à

L'Homme se sent redevable à Dieu, il s'astreint à un devoir d'amour envers Dieu, il doit lui rendre l'amour que celui-ci est supposé lui avoir donné, supposition fondée par

Pendant que l'Homme s'oblige à Dieu, il oublie l'Homme, il fait de lui-même un être qui chute, coupable de ne pas avoir compris ce que Dieu attendait de lui, attente définie par des hommes à la culpabilité amoindrie par la volonté de Dieu qui les désigne interprètes, ce qui tombe sous le sens, jusqu'à son fils, Dieu sur terre, quelle chance, nous ne pouvons plus faire comme si nous ne savions pas, la culpabilité s'accroit, surtout chez ceux qui ne croient pas au fils ou qui ne respectent pas cette volonté réaffirmée et expliquée de sorte que toute négligeance ne peut qu'être coupable, confirmation.

Pendant que l'Homme oublie l'Homme et pense à Dieu, il oublier la vie, sa vie, il ne cesse donc de faire la guerre, oeuvre de mort, la boucle est bouclée puisque son action ne peut qu'être coupable, la mort devient rédemption, elle est louable.

Je ne pense pas que la symbolique maçonnique explique Dieu, elle explique plus simplement qu'il ne s'agit pas de réfléchir en termes de Bien ou de Mal, il s'agit de réfléchir en termes de Justesse ou d'Erreur, ainsi toute tentation disparait, qui serait tenter par l'erreur ? Aucun Homme digne de ce nom.

Bien entendu, ceci ne fait pas les affaires des dépositaires de volonté, l'affirmation et la description même de cette volonté devient parfaitement inutile, l'erreur et la justesse sont la base et le tout de la responsabilité, fondement maçonnique par excellence.

Ne pas publier 2 fois ...

Si par erreur de manipulation on a publié 2 fois, il est possible de supprimer. Il pour celà être identifié. Appuyez donc sur "Créer un compte" (en haut à droite)

Au risque de paraitre laisser

Au risque de paraitre laisser un autre répondre à ma place à ta contrib Désap ou de m'appropier une autre pensée que la mienne je trouve cependant que quelqu'un comme Dietrich Bonhoeffer, comme nombre d'autres penseurs chrétiens ou juifs (ceux que je connais le mieux sans imaginer qu'ils aient l'exclusive en la matière) tache de ne pas -ou plus- opposer la relation ou la fidélité à dieu à celles que l'on entretient ou l'on doit aux hommes ou à la vie. Il va même beaucoup plus loin que cela en affirmant, lui le pasteur emprisonné par les nazis, de surcroit que Dieu n'est plus la réponse à toutes les questions que se posent les hommes et que les religions instituées sont incapable de lutter contre la barbarie.

Il prend toute la mesure d'une situation où la pluspart d'entre nous «vivons sans Dieu» car le monde serait devenu «majeur» , «adulte», c'est-à-dire capable de penser par lui-même. Aux chrétiens alors de «constater ce qu'ils croient eux-mêmes», sans «se retrancher derrière la foi de l’Église». 

Il écrit : «Dieu nous fait savoir qu'il nous faut vivre en tant qu'hommes qui parviennent à vivre sans Dieu». Autre phrase emblématique «Devant Dieu et avec Dieu, nous vivons sans Dieu». Il y a une absence totale de Dieu dans la conscience des hommes. Le langage humain, séculier, serait aujourd'hui mieux à même de parler du Christ que le langage religieux. Il est possible de «parler de Dieu sans religion». La théologie de la seconde moitié du XXèeme siècle a fait un enorme pas dans cette direction. Un autre penseur comme Lévinas, lui juif, aura cette intuition que c'est "le visage d'autrui -qui- est la trace de Dieu"... et que repondre à l'appel de son frère c'est là véritablement répondre à l'appel de Dieu.

Tout ce que tu décris est pourtant bien malheureusement trop souvent vrai dans nombre de consciences - ou inconsciences- religieuses, chrétienne ou autres. Pourtant je pense que dans "dette" ou même "culpabilité" tout n'est pas a jetter aux orties, surtout pas pour l'homme vis à vis de l'autre homme.

Bonjour @ tous,

Bonjour @ tous,

Je reproduis ci-dessous mon post d'hier au soir sur le blog "la lumière" invitant à contribuer à cet échange. Désolé du copier/coller... : 

Sans en avoir l'exclusive « la question de Dieu » semble venir subrepticement au premier plan des préoccupations des Frères de la GLNF mais aussi bien plus largement. Elle ne se pose à priori pas de manière existentielle ou dogmatique dans le domaine ou dans un champ inclusivement religieux, mais elle interpelle sur la sémantique même des termes des textes et constitutions maçonniques, sur leur impact et statut aujourd’hui sur les frères et pour eux, sur l’herméneutique maçonnique que l'on est en droit d’attendre ou de produire de ceux-ci.

Elle concerne la signification et la portée de l’invocation au Grand Architecte de l'Univers comme Dieu et l’obligation pour les membres du corps maçonnique régulier de contracter tous serments et d'ouvrir tous travaux à la gloire de celui-ci.

Le déisme tiendra un temps pour évidente aux yeux de tous la réponse à l’épineuse question, dans un monde où le mot "Dieu" était alors universellement capable de produire l’unité même de son sens, par une sorte d’évidence suprême, bien qu'en son nom et au même moment les religions, mais aussi les royaumes, les états et nations, étaient capable de s'en servir pour diviser les hommes.

Neutralisé par l’avancée progressive et le triomphe de la raison, de la science et de la sécularisation en occident, le mot « Dieu » s’est alors progressivement mais inexorablement vidé de toute substance, jusqu’à à en devenir absolument désuet dans notre langue.

Devenu incapable de produire quelque chose d’un sens commun pour les hommes, en dehors il est vrai des paradigmes des croyances et de la foi, ou en dehors des considérations militantes sur les restes archaïques d’un passé qu’il aura fallu combattre pour s’en affranchir et accéder à la modernité, il se pose pourtant de nouveau comme question de par sa persistance même et ses diverses resurgissements.

Celui-ci nous interpelle avec toute son acuité pourtant a priori jugée maintenant dénuée de sens, comme si sa neutralisation n’avait été efficace qu’un temps seulement et surtout comme si celle-ci, après avoir fait semblant de l’endormir à jamais, n’avait en réalité que libéré sa force d’interpellation des hommes face à leur responsabilité, sa force critique des structures sociales complices des violences de ce monde, des mécanismes d’asservissement et de domination détournant son nom, bref ce que l’homme fait à l’homme.

Force est de constater de surcroit que la spiritualité, la religiosité, la philosophie et toutes les grandes interrogations métaphysiques et existentielles n’ont jamais pour autant et malgré la sécularisation disparues en Europe et dans le reste du monde, et ce malgré le matérialisme et la superficialité culturelle contemporaine qui semblent avoir appauvri les consciences, les langages et les aspirations humaines. Jamais l’homme, malgré le triomphe exclusif de la science et de la raison, ne s’est autant interrogé sur sa place dans le monde face au mal, qu’il y ait pour lui un Dieu ou qu’il n’y en ait pas.

 

dieu l pire invention de l'homme

Il y a deux éléments sur lesquel les croyants me font toujours sursauter

Le premier est l'existence en dieu, ce qui aménerait à croire en la création de l'univers. c'est aller aux antipodes du bon sens quand nous regardons avec raison l'voltion de l'univers, des espèces, des ogm ..etc. Mon fils qui a sept ans est férru de mythologie grèque, la fois dernière il me disait , " papa quand est ce que le dieu des chrétiens, des musulmans et des juifs va t il diâraître comme ceux de l'antiquité. je lui ai répondu qu'il a déjà disparu et qu'un nouveau dieu l'a remplacé, l'argent

la deuxième est l'universalité de dieu, on oublie souveant que le dieu créateur n'est le dieu que de' à peine un tiers de l'humanité.

Bonjour Illa,

Bonjour Illa,

L'évolution ne vient pas selon moi - et dans la tradition biblique par exemple - contredire l'idée de "création" (à l'exception des théories créationnistes dont le principe est la "fixité" de la nature et la forme même des choses voulues par Dieu). Dans la bible comme dans la théologie chrétienne, l'exegèse talmudique et la mystique juive de la kabbale, il est fortement exprimé l'idée d'un inachèvement de la création, d'une responsabilité ou coresponsabilité de l'homme vis à vis d'elle, ainsi que la possibilité ou la necessité de la "réparer", la "maintenir" ou de la "sauver". 

D'ailleurs la notion de création est inséparable de celle de redemption. Il y a donc, quelque soient les interprètations, les raisons et le sens que l'on donne à cet "achèvement" de la création dans la rédemption, pas de fixité opposée à l'évolution dont tu parles : univers, espèces, ogm ... La bible affirme d'emblée à sa manière ce que Descartes dira de l'homme "maître et possesseur de la nature".L'homme n' est pourtant pas au regard de la bible le possesseur mais plutôt le gardien de celle-ci. Il aboutit  dans cette tradition au statut d'être pleinement responsable de ses actes et ses actions ont des effets de plus en plus irreversivbles à mesure que croît sa puissance (scientifique et technologique).

La réponse que tu as donné à ton fils est pleine de justesse, et ça malheureusement! l'argent, la soif de pouvoir, l'hedonisme ... toutes sortes d'idolatries persistent, avec sans le ou les dieux, de la classe ou de la race. Le monothéisme peut donc être compris comme un "progrès" par rapport aux mythologies au point de vue historique comme au point de vue des idées. Il s'oppose à l'idolatrie en promouvant un dieu éthique qui n'est pas sans lien avec l'apport de la sagesse -philosophie- grecque, l'idée du Bien.

Emmanuel Lévias parlant de la secularisation disait qu'à partir du moment où les hommes avaient mis un pied sur la lune on ne pouvait plus la regarder de la même manière que les anciens, la révérer et lui rendre un culte par exemple. Par contre force est de constater que l'on a fait des astronautes des demi-dieux. On a juste déplacé ce en quoi on mettait sa foi. On a mis sa foi dans la science mais on reste toujours subjugé par toutes sortes d'idoles qu'on ne peut s'empecher de se forger. 

Qui sont les 2/3 de l'humanité dont tu parles? Nous sommes tous -excepté un petit euple élu- des "paiens", avec des origines, des recits fondateurs, des inspirations diverses, chacun ayant un petit morceau de vérité ou de sagesse en héritage. Le message monotheiste a fait le tour du monde, bien avant l'essort spectaculaire de l'occident. Il a été reçu ou pas, accepté et adapté ou pas, de l'orient à l'occident, dès ses origines. Il est vrai que son détournoument à des fins politiques a commencé très tôt et qu'il n'y a pas lieu d'être fier de la manière dont on l' a répendu au moyen âge dans diverses lieux et aussi à partir du XV eme sciecle sur le nouveau continent, pour des raisons encore une fois purement politiques puis commerciales.

Reconnaitres ses tords est indispensable mais il serait juste aussi de voir que la pensée biblique a permi à l'homme une évolution de sa conscience vers la responsabilité et son apport indéniable concernant la dignité humaine à la civilisation. 

Kant n'aurait jamais pu penser et écrire ses "critiques" et sa "morale universelle" s'il n'avait auparavant été pétri par la Bible et le pietisme de son temps. Comment comprendre aussi que c'est en Europe que furent promulgués les droits de l'homme si l'on a pas concience que l'idée de "dignité" d'une "humanité une" est la conséquence logique du monotheisme éthique de la bible.

7 ans est un age de sagesse et autrefois on offrait un canif aux garçons pour leur montrer qu'ils étaient désormais responsables, qu'on pouvait leur faire confiance ... de manière à ce qu'ils mettent déjà leur honneur à meriter cette confiance et qu'ils commencent à reflechir sur les conséquences de leurs actes.

Un père qui aime son enfant ne peut que souhaiter qu'il grandisse en sagesse, en beauté et en force. Il ne le maintient pas dans l'infantilisme et la sousmission à lui, mais l'éveil à la responsabilité et à penser par lui-même. Il veut faire de lui un être libre et heureux. C'est ce que tu fais et ce que je crois je fais avec mes enfants et ce que mon père a fait avec moi. C'est ce que je crois fait le dieu biblique avec l'homme.

Bien à toi

 

origine des droits de l'homme ?

"Comment comprendre aussi que c'est en Europe que furent promulgués les droits de l'homme si l'on a pas concience que l'idée de "dignité" d'une "humanité une" est la conséquence logique du monotheisme éthique de la bible."

On ne peut à mon sens voir dans le christianisme directement l'origine ... L'inquisition en est la contre-demonstartion. Peut être la Reforme qui a contesté justement le pouvoir en place ... mais aussi des revolutions sociales en angleterre d'abord puis en france contre les pouvoirs "chretiens" ...

Rappellons aussi que la democracie était en Grèce antique et la republique à Rome.

En effet on trouve des germes de liberté si on lit sans influence religieuse les evangiles "Ma parole vous rend libre, vraiment libres" (Jean) ... ne pas écouter les "Peres", "directeurs de foi" (Mathieu 18). MAis ce n'est evidemment pas ce que mettent en avant les pouvoirs religieux.

NB : il en est de même en FM, profondément ecole de liberté, de distance des convenaces, pouvoirs, responsabilité individuelle, desinteressement. Pourtant nous assistons à de la contre maconnerie pretendue FM cultivant soumission, silence, compromission, profit.

D'accord sur plus d'un point

D'accord sur plus d'un point de tes critiques, en particulier en rappelant les racines grecques et romaines de notre "humanisme" et de constater que ce qu'il y a de plus "libérant" ou de "forces critiques" des Evangiles n'ait pas été et n'est pas ce qui est mis le plus en avant par les autorités religieuses. Et aussi qu'il y a bien des contre témoignages de ce que j'affirme dans notre histoire telle l'inquisition et d'une manière générale tous les massacres, barbaries, guerres au nom de Dieu! Scandales! 

Ce constat est pourtant plus qu'à nuancer en ce qui concerne l'évolution prise par la théologie chrétienne de la seconde moitié du XXeme siècle, parfois plus que remarquable à ce sujet et malheureusement pas assez lue, reconnue et comprise. Je ne parle pas que de la théologie de la liberation en amerique latine mais d'un mouvement de fond en Europe et dans le reste du monde en asie et en afrique.

Je pense vraiment que le ferment de la dignité et des droits humains dans leur visée universelle et tels que nous les entendons aujourd'hui dans une modernité -qui se mondialise mais est toujours aux prises à la barbarie- est à chercher en grande partie dans l'impregnation des sociétes par l'éthique et le monotheisme bibliques et la tradition du "droit naturel", sa philosophie, bien représentée au siècle dernier par un penseur tel jacques Maritain.

Pour une analyse plus neutre -de parti pris religieux- du sujet et plus "sociologique" je pense que l'étude de qqun comme Marcel Gauchet " le désenchantement du monde" retrace de manière éclairée et éclairante les conditions qui ont permis notre "sécularistion", avec cette grande étape franchie que résume cette formule quand il écrit que  "le christianisme est la religion de la sortie de la religion".

Mon experience de "foi"

J'ai vécu des années dans une croyance religieuse entretenue par ma famille et mon milieu sociologique.

C'est une fois que j'ai choisi de rejeter cette croyance que j'ai compris, vécu "la foi". Et ce n'est pas etranger à mon engagement FM plus tard.

Les croyances, je peux être categorique au travers de mon experience sont le contraire, mais aussi l'handicap de la foi. A plus forte raison en FM, il faut se debarasser de ces oripeaux inutiles et nuisibles. C'est ainsi qu'apparaît quelque chose de bien plus pur, fort, solide, enrichissant.

Ajouter un commentaire