Fraternité et Fraternité maçonnique

C'est un sujet qui est évoqué dans la grande majorité des argumentaires de Franc-maçons.

La Franc-maçonnerie est une fraternité, nous devons être fraternels les uns par rapport aux autres.

Pour le mot "fraternité", le Larrousse donne deux définitions distinctes :

Première définition :

- Lien de solidarité qui devrait unir tous les membres de la famille humaine ; sentiment de ce lien.

Cette première définition indique plus particulièrement le sens dit "profane, en référence à sa racine latine "frater" qui désignait tout membre de l'espèce humaine ; pour spécifier un lien de descendance, il fallait accoler l'adjectif « germain » évoquant le « germen », la graine

Deuxième définition :

 - Lien qui existe entre les personnes appartenant à la même organisation, qui participent au même idéal

Voilà qui s'applique plus particulièrement à notre fraternité maçonnique.

Ainsi, dans nos esprits de maçons, ces deux définitions doivent-elles se confondre, devons-nous nous les appliquer indifféremment ?

Je pense que toute l'erreur actuelle est dans cette confusion.

Nous ne venons pas simplement nous rencontrer en maçonnerie, nous venons avant tout travailler.

C'est parce que nous avons un travail à effectuer que la fraternité maçonnique n'est que d'une seule nature : celle de l'apport de chacun.

Nous ne pouvons pas être fraternel avec celui ou celle qui ne travaille pas correctement car il en va de la bonne exécution des travaux devant mener à un résultat identique dans sa qualité, sa signification et sa pérénité à ce qu'est Notre Dame, qui huit cents ans plus tard n'a strictement rien perdu de sa grandeur.

Bien entendu, je ne parle en aucun cas de sa signification religieuse.

J'évoque ici la discipline des Bâtisseurs exprimée par cet édifice.

Il est à noter qu'aucune Cathédrale n'est terminée ; ce n'est pas le fait d'une fainéantise ou d'une incapacité, non, c'est purement symbolique et voulu ; à méditer.

Il n'y a qu'une seule façon de construire une Cathédrale, mais chaque Cathédrale est unique, ce qui signifie que le respect de la Règle n'aboutit en aucun cas à une quelconque uniformité, mais bien à la multitude dans l'unité, propre de l'Univers.
J'invite chacun à s'intéresser aux métiers de l'Artisanat, à chercher à en comprendre la philosophie, car bien que manuels, ces métiers sont avant tout philosophiques
Nos fondateurs avaient compris, par la fréquentation des Loges Opératives, que les Bâtisseurs en savaient plus sur le Monde que tous les intellectuels et scientifiques réunis.

La création de la Maçonnerie spéculative par ces mêmes intellectuels et scientifiques fut une oeuvre d'humilité vis à vis de ceux qui ne possédaient ni droit ni titre, mais qui forçaient le respect par la qualité de leurs actes.

La fraternité vulgaire, ne vous trompez pas sur l'emploi de cet adjectif, ne peut en aucun cas s'appliquer en loge.

La fraternité maçonnique est une fraternité de métier, lorsque nous travaillons en loge nous devons impérativement avoir à l'esprit le danger que représente le fait de mal construire un édifice, qui mène droit à un écroulement inéluctable dont la conséquence est la disparition, non seulement de l'édifice, mais également de ses constructeurs.

Il est impératif de cesser d'interpréter la Franc-maçonnerie, nous en perdons le sens au profit de notre confort intellectuel.

Les Franc-maçons se sont assignés la mission d'améliorer l'humanite, cette mission ne peut en aucun cas se réaliser, ni dans le confort, ni dans le rêve d'une liberté sans condition, ni dans l'épanouissement d'un individualisme, tout fraternel soit-il.

Bien fraternellement à toutes et tous.

Patrick

 

Commentaires

Fraternité CONSTATEE

N'y aurait-il pas aussi une déviance courante à brandir une fraternité, voire la jeter à la figure de son interlocuteur FM ?
Et si la fraternité se constatait ? ... ou pas ?

Oui, Constatée et uniquement

la fraternité ne peut que se constater.
elle se constate par l'effort que fait l'un envers l'autre
la fraternité relève avant tout de la qualité du travail produit, parce que c'est là que l'on pense à l'autre.
dans les métiers du bâtiment, il y a une notion fondamentale, celle de la réception des ouvrages d'un corps de métier donné, à partir desquels sera poursuivie la construction.

Communication

Dans la phrase :
"dont la conséquence est la disparition, non seulement de l'édifice, mais également de ses constructeurs."
J'ai donc remplacé le mot "mort" par le mot "disparition", ce qui a une importance capitale à mes yeux.

merci, je viens de lire ton

merci, je viens de lire ton travail, même sujet que le mien mais abordé de manière très différente; tu pars d'un sens maçonnique strict lié au travail qui fait penser à toute l'exigence que recquière la fraternité et je trouve que cela est très juste. Si tu regardes mon travail tu y verras presque le contraire de ce que tu dis. je pars d'une analogie avec la famille humaine qui me permet aussi de faire découler la fraternité non pas d'abord du travail mais de l'initiation, c'est à dire de la naissance, en évoquant la paternité comme ce qui précede et rend possible la fraternité, ce qui initie. Interessant en tous les cas de revoir mon idée corrigée par la tienne ou regardée désormais d'un autre point de vue... tu dis sinon je trouve dans ton travail des choses fort exigeantes qui reflètent sans doute ton ideal. fraternellement à toi, christophe

'un sens maçonnique strict lié au travail'

Mon TCF Christophe, les maçons acceptés dans les loges opératives étaient tous des chrétiens convaincus.
Ils avaient tous la même notion de la fraternité que celle que tu exprimes, celle définie par la religion, qui accepte les erreurs par le mea culpa du fauteur.
Il se trouve que sur un chantier de construction, l'erreur n'est pas admissible, elle est trop dangeureuse ; la seule notion qui soit acceptable c'est l'aveu, à priori de toute exécution, de son incapacité ou de son ignorance.
Cest le sens de la responsabilité du M:. au RF qui décide en son âme et conscience qu'il peut ou pas accepter l'élévation, la question lui est très précisément posée, du reste également à l'App:. pour son passage.
Nous avons là une discussion proprement Moderns/Antients, les premiers avaient éliminé toute charité de leur enseignement pour les besoins de l'efficacité, les seconds, plus religieux, ont dogmatisé la fraternité.
En ce qui me concerne, je conçois et reconnais les deux visions, simplement ma préférence est élitiste, je l'admets, c'est la raison pour laquelle quand tu reconnais qu'il puisse y avoir une maçonnerie irrégulière, je ne le conçois même pas, ce ne sont pour moi que des travaux d'inspiration maçonnique qui n'ont rigoureuseument aucune utilité, voire sont facteurs de perte, exactement ce qu'ils font avec cette CMF qui est de la maçonnerie moderne au sens le plus décadant du terme, ils inventent une maçonnerie, or la Maçonnerie ne s'invente pas, elle est, le travail du Maçon est de la comprendre, la prendre en soi.
Bien frat.
Patrick
 

J'ajoute

J'ajoute qu'aujourd'hui toujours, sur un chantier de construction, l'Ouvrier négligeant est rejetté immédiatement par les autres parce qu'il est néfaste pour tout le monde.
Ce n'est pas l'homme qui est rejetté, c'est le mauvais Ouvrier.

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